Le maoïsme flotte sur le web 2.0

Disons tout de suite que nous prenons « maoïsme » dans le sens d’une certaine idéologie théorique et non pas dans celui, littéral, de la doctrine de Mao et de ses millions de morts, soyons clairs. Dans ce sens purement intellectuel, on peut faire un comparatif entre les usages du web 2.0 et les pratiques du maoïsme:
collaboratif: ça peut ressembler à « collectivisme »; dans les deux cas, on met des ressources en commun, on les partage, elles appartiennent au peuple, c’est-à-dire à personne; la puissance du groupe est supérieure à la somme de celle de ses individualités.
pensée unique: dans les blogs, tout le monde copie tout le monde, ce qui conduit à un consensus mou dans les idées, un politiquement web-correct dans les tendances.
transparence: ça rime avec surveillance; le maoïsme prône la délation, wikipédia aussi; sur le web, tout le monde se surveille, on se méfie de soi-même, à la limite, on est son propre délateur; à ce sujet, lisez l’article « maoïsme » dans wikipédia.fr et comparez-le avec lui du site quasi-officiel chine-informations.com: c’est le même.
progrès itératif: le web 2.0 nous enseigne qu’il faut mieux avancer, faire des erreurs et les corriger (se les faire corriger par la communauté) plutôt que de rester sur place en réfléchissant à la façon de ne pas faire des erreurs; on apprend en marchant, c’est la doctrine de Mao.
révolution culturelle: c’est exactement ce dont on parle à propos du web 2.0, en précisant que les outils ne sont pas tous nouveaux et que c’est leur usage disruptif qui est le plus important; tout le monde est d’accord, même Sarkozy, pour dire qu’il faut « changer » : changer les mentalités, les organisations, le management, le travail etc. Pour aller où, çà on ne sait pas, c’est comme les Cent Fleurs.
grand bond en avant: ça ressemble furieusement aux survalorisations boursières de la bulle internet version 1 et sans doute aussi maintenant version 2; Facebook à 15 milliards de dollars, est-ce bien raisonnable?
– les intellectuels à la campagne: c’est un peu comme mettre des PDG devant Facebook.
société en réseau: dans cette expression, le mot important c’est réseau, pas société; c’est le réseau qui dirige, qui contrôle les flux, tout comme le Parti; un routeur c’est un commissaire politique, le backbone c’est le Livre Rouge seul habilité à délivrer la bonne info, IP qui saucissonne et trie et ventile c’est le Tribunal du Peuple.
Conclusion: une seule question, qui sera le Deng Xiao-Ping du web 2.0?

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